Je vous ai apporté un disque

création 3 septembre 2004

Je vous ai apporté un disqueJe vous ai apporté un disqueJe vous ai apporté un disqueJe vous ai apporté un disqueJe vous ai apporté un disque

Un petit spectacle tout simple, peut-être pour commencer une soirée, ou pour la finir. Un petit spectacle où les actrices et les acteurs portent leur vrai nom, sans perverse malice, mais pour jouer un peu sur le temps et le lieu de la représentation. Un travail qui explore notre propre corps, au-delà des représentations idéales qui nous entourent sur papier glacé et sur pellicule. Un petit moment pour les lectrices de Marie-Claire et de Vogue Hommes, voire pour tous ceux qui se sont un jour regardés dans leur miroir.

Les acteurs viennent nous parler de leur corps, plus précisément de quelque chose qu’ils aiment ou n’aiment pas d’eux-mêmes. Ils parlent 2 minutes, 10 minutes. Ils improvisent et parlent de leur propre image corporelle. Ils peuvent dire la vérité ou non, ce n’est pas important, mais cela nous semble vrai. A la fin, on entend le disque qu’ils nous ont apporté, et ils font quelque chose, ou rien, sur cette musique – en lien avec ce qu’ils ont dit, pas comme une explication mais comme un « éclairage » de leur histoire.
Le texte n’est pas écrit, il bouge un peu tous les soirs, l’important n’est pas l’exactitude des mots, mais la qualité d’interprétation, la réinvention perpétuelle de cette fausse réalité, cette fausse spontanéité. Lointainement, et avec ironie, il y a là une forme de théâtre-réalité, au même titre que l’on parle de télé-réalité.

Une coproduction Théâtre en Flammes – La Bâtie Festival – Saint-Gervais Genève
version bilingue français-allemand : coproduction Théâtre en Flammes – Theater Tuchlaube Aarau

Interprétation :
Pierre-Isaïe Duc
Natacha Koutchoumov
Philippe Morand
Madeleine Piguet
Delphine Rosay
Gilles Tschudi

Version bilingue français-allemand :
Lilian Naef
Albert Freuler
Sebastian Kraehenbuehl
Natacha Koutchoumov
Delphine Rosay
Gilles Tschudi

Reprises de rôle :
Lionel Frésard
Hélène Hudovernik
Denis Maillefer
Anne-Laure Vieli

Mise en scène : Denis Maillefer
Lumière : Laurent Junod
Régie lumière : Antoine Friderici
Administration et communication : Catherine Monney et Sarah Neumann

Avec le soutien de : Etat de Vaud, Loterie Romande, Pro Helvetia
et pour les tournées de : Pro Helvetia, Ville de Lausanne, Corodis-fonds Loterie Romande

2004
Festival de la Bâtie – Théâtre Saint-Gervais, Genève : du 3 au 10 septembre

2005
Théâtre Arsenic, Lausanne :
du 9 au 12 novembre
Espace Malraux, Chambéry (F) : 18 et 19 novembre
Scène nationale de Bonlieu, Annecy (F) : 8 et 9 décembre

2006
Caves de Courten, Sierre :
18 mars
Espace Guinguette, Vevey : 31 mars et 1er avril
Festival West/Est, Dampfzentrale, Berne : 6 et 7 avril
Far-Festival des arts vivants, Nyon : 16 et 17 août
La Belle Usine, Fully : 1 et 2 septembre
CCN Le Pommier, Neuchâtel : 30 septembre

2006 – Recréation bilingue français-allemand
Theater Tuchlaube, Aarau :
du 22 au 25 mars
Zurcher Theater Spektakel, Zurich : du 22 au 25 août

2007 – Recréation bilingue français-russe
Centre culturel français, Théâtre Gitis, Moscou :
24 et 25 mar


Presse

DENIS MAILLEFER OFFRE UN REALITY SHOW FRATERNEL A GENEVE

« Tombons le masque » chantent Alain Souchon et Jane Birkin dans Rendez-Vous. « Baissez la garde », ordonnaient les promoteurs de Star Academy à leurs candidats lorsqu’ils passaient à confesse devant la caméra. « Offrez-nous un peu de votre musique » a demandé le metteur en scène Denis Maillefer à Philippe Morand, Delphine Rosay, Natacha Koutchoumov, Madeleine Piguet, Pierre-Isaïe Duc et Gilles Tschudi. Dans le cadre de La Bâtie, au Théâtre Saint-Gervais à Genève, six acteurs disent presque tout sur un pli déplacé ou un bourrelet canaille, chacun son tour, comme à l’époque fiévreuse de Loft Story. Entailles narcissiques partageables et émouvantes dans ce Je vous ai apporté un disque qui scrute le corps commun et capte en un éclair l’âme d’un individu.
Il n’y aurait donc pas d’artifices dans ces instantanés. Sur le plateau, Philippe Morand affirme se trouver bien conservé, puis lâche soudain que l’érosion menace la chair et nuit au profil. Natacha Koutchoumov, elle, avoue souffrir d’une petite irrégularité épidermique, hélas très visible sur les plages. Quant à Pierre-Isaïe Duc, il explique comment il a dû faire le deuil de pectoraux à la Marlon Brando. Histoires de peau, avec disque en quise d’apothéose, à chaque fois.
L’intelligence de Denis Maillefer, c’est d’assimiler les us et coutumes du reality show : le face-à-face avec le public, une forme de naturel, la revendication de la transparence, même si celle-ci est trompeuse. Jeu donc avec une dramaturgie consacrée. Et art du montage, tout comme à la télévision. Mais Denis Maillfer enrichit le modèle : il y introduit une joie poétique, toute en pointant les limites du genre, cette inaptitude à donner au singulier tout son relief. Un disque passe alors. A moins que ce ne soit un ange.

Alexandre Demidoff, LE TEMPS, jeudi 9 septembre 2004

PETIT SPECTACLE SANS SURCHARGE PONDERALE … OU PRESQUE

Il fait frais sur la terrasse, au 7e étage du Théâtre Saint-Gervais. Dans l’Atelier aussi, mais pas pour les mêmes raisons La fraîcheur est sur scène, en bas, là où les corps ont des choses à dire.
Grâce soit rendue à Denis Maillefer de penser à notre plaisir. Avec Je vous ai apporté un disque, il livre un spectacle pas prétentieux pour un rond, ce qui ne veut pas dire sans prétention. Faire naître l’empathie en est une. Il y parvient d’autant mieux qu’à la foire aux complexes, chacun peut trouver son malheur.
Trois hommes et quatre femmes en quête de miroir défilent face au public. Celui-là évoque ses fesses en goutte d’huile, celle-ci ces hanches en forme d’amphore, comme sa maman, cet autre est hypocondriaque. Chaque comédien(ne) y va de son impro même si le corps, lui, ne s’improvise pas. Il est comme ça, le corps : cruel, déliquescent dans les grandes largeurs, n’en faisant qu’à sa tête. Comme on dit, il faut faire avec.
Tu danses chérie ?
Afin de rendre la pilule moins amère, tous les personnages ont apporté leur musique, Elle n’explique rien, elle offre juste un espace différent pour pointer ce qui indispose. Il y a Julie (celle des hanches), par exemple, crispée jusqu’à l’extase dans son désir refoulé de se trémousser sur Dancing Queen de Abba. On voudrait compatir, on éclate de rire. Même pas gêné, le rire…
C’est drôle, enlevé, émouvant parfois. C’est surtout plein d’humanité, mais sans ostentation, juste par petites touches. Denis Maillefer met les corps à hauteur de c¦ur. Une ultime pirouette nous dit que,tout ça, c’est juste du théâtre. Vraiment ?

Lionel Chiuch, LA TRIBUNE DE GENEVE, mardi 7 septembre 2004

UNE PETITE FORME QUI TOURNE ROND

En création à La Bâtie, Je vous ai apporté un disque, par DJ Maillefer. Ne dites plus à Madeleine (Madeleine Piguet) qu’elle a de beaux yeux, ça la gêne. D’ailleurs, elle met désormais des lunettes. Et c’est non sans timidité qu’elle les a enlevées, vendredi soir au Théâtre Saint-Gervais. Ils sont beaux, effectivement. Madeleine n’est pas la seule dans ce spectacle à dévoiler une part d’intimité, douce ou contraignante. Sur un mode nettement plus humoristique, Natacha (Natacha Koutchoumov) explique que « de face, ça va », mais que derrière, juste sous les fesses, y a un truc qui la met mal à l’aise. Pas question de le montrer.
Pierre-Isaïe (Pierre-Isaïe Duc) et Gilles (Gilles Tschudi), eux, vont carrément tout dévoiler ou presque, comment le premier se décontracte par les caresses et comment le second s’est senti mal d’un coup et pas du tout soutenu par la médecine. Ce n’est pas anodin : « Faites attention à votre santé », conseille Gilles aux spectateurs, confondus par sa sincérité et presque convaincus de l’urgence à prendre rendez-vous avec leur cardiologue. Heureusement, la musique adoucit les m¦urs et les douleurs, et c’est pour ça que chacun des personnage, à la fin de son intervention, annonce : « Je vous ai apporté un disque ». On l’écoute tous ensemble, de Rita Mitsouko à Stevie Wonder, de la chanson allemande à la musique yiddish. Pas de platine pour autant sur le plateau : il est nu, comme le sont les âmes de ces quidams.
Ils sont six au total (avec Philippe Morand et Delphine Rosay) à proposer face au public, à tour de rôle, ce qui semble tenir à la fois de la confession, style documentaire TV, et de l’audition, style impro en cinq minutes. Le pari de Denis Maillefer, metteur en scène et DJ du Théâtre en Flammes, résiste à la légèreté initiale du projet : on s’y retrouve, dans ces petites manies personnelles, dans ces petits maux qui nous tracassent au quotidien, qui nous suivent dans la vie et font en partie, notre singularité. Chaque comédien, après avoir choisi son disque, avait carte blanche pour joeur ou non avec sa propre existence. Qui dit donc vrai ? Qui invente ? Six énigmes charmantes qu’on se résout volontiers à laisser tel quel.
En termes culinaires, on dirait que ce spectacle, Je vous ai apporté un disque, s’apparente à une entrée, ou à un dessert. Dans les deux cas, ça se déguste vite fait bien fait.

Michel Caspary, 24 HEURES, lundi 6 septembre 2004