Looking for Marilyn (and me)

création le 24 mars 2010

Julia Perazzini,  crédit photographique C. Monneycrédit photographique Catherine MonneyV. Bertolotto, N. Koutchoumov, V. Pavillon, J. Perazzini, A. Papin crédit photographique C. MonneyLéa Pohlhammer, crédit photographique C. MonneyFrançois Revaclier,  crédit photographique C. MonneyNatacha Koutchoumov, crédit photographique C. MonneyViviane Pavillon, Valeria Bertolotto, Julia Perazzini,  crédit photographique C. MonneyJulia Perazzini,  crédit photographique C. MonneyValeria Bertolotto, Julia Perazzini,  crédit photographique C. MonneyJulia Perazzini,  crédit photographique C. Monney
Blonde idiote/lectrice de Freud, Shakespeare et Joyce. Pin up minaudant/actrice talentueuse. Nymphomane frigide/instrument du désir des hommes. Star adulée des foules et victime imbibée de médicaments et d’alcool. Cocktail aléatoire de sexualité et d’innocence : Marilyn Monroe est une fiction.
Une fiction inventée par elle-même qui n’a cessé d’enjoliver et de soustraire, par ses films où elle aimante les regards, par son histoire cahoteuse, par les milliers de photos qui épinglent chacune un zeste de son être incertain, par les centaines de biographies qui prétendent révéler enfin la vérité, par sa mort qui restera à jamais un mystère.
Plus on approche Marilyn et plus elle s’estompe. A l’instar de ces portraits indéfiniment répétés par Andy Warhol dans lesquels elle finit par disparaître. C’est à ce « tremblé identitaire »,  à ce kaléidoscope fictionnel que s’intéresse Denis Maillefer. Qui pose aux acteurs une simple question: inventée par le regard des autres, comment et en quoi Marilyn vous regarde-t-elle?

Ni témoignage, ni quête de vérité, encore moins hommage. Looking for Marilyn (and me) invente une dramaturgie croisée entre un « matériau-Marilyn » — fait de  transcriptions de bandes enregistrées, citations de film, biographies, autobiographies supposées et inventées, textes littéraires — et les scènes, mots, confessions (réelles ou rêvées), produits par les acteurs en répétition.  Ainsi la fiction de l’actrice blonde suscite et produit la mise en récit et en actions d’images personnelles.

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Marilyn : Portrait d’une disparition.

Née Mortensen, baptisée Norma Jeane Baker, qui deviendra Jean, puis renommée Monroe… D’un père inconnu, que certains identifient néanmoins, qu’elle-même assimile à Clark Gable auquel il ressemblerait… Et d’une mère en pointillé, indéfiniment remplacée, psychiquement instable et qu’elle préfère dire morte. Qui est Marilyn ? Une biographe parle de « tremblé identitaire », un tremblé qui permet toutes les fables et « explique peut-être les multiples versions qui ont circulé sur les événements de la vie de Marilyn, et montre qu’une version en vaut une autre ». Norma Jean Baker fictionne sa propre vie, fictionne pour mieux cacher son enfance, ses amants, son identité, ses fausses couches, ses avortements, et même peut-être un accouchement.
Et construit Marilyn Monroe. Un personnage fait de ses rôles et des bribes de sa vie privée. Un personnage tout en contrastes

et en antithèses. Un personnage qu’elle n’a jamais complètement assimilé avec elle-même. Truman Capote raconte qu’un jour, l’ayant surprise à se regarder dans le miroir, il lui a demandé ce qu’elle faisait : « Je la regarde » aurait-elle répondu.
Un personnage qui a suscité autant de fantasmes et de chimères qu’il y a de livres sur elle. Biographies diverses et variées qui promettent chacun de révéler enfin la vraie Marilyn. Biographies romancées qui assument le parti pris de l’imagination. Autobiographie remaniée,  mémoires imaginaires. Sans compter les multiples enquêtes qui prétendent dire la vérité de ses amours présidentielles, des ses liens avec la mafia. Et surtout lever le mystère de sa mort. Suicide ? meurtre ? suicide « accidentel » ?
Marilyn semble passer du visible à l’invisible. Et inversement de la fadeur à l’illumination.  « Elle s’éteignait dès que la prise était terminée » disait d’elle un photographe. Et au final, « chez Marilyn, ce n’est pas la réussite d’une image fabriquée qui crée l’impact, mais quelque chose d’elle qu’elle produit de son existence, en acte, en situation, en présence du public, une sorte de « folie » qui met en mouvement de l’invisible ».
Et c’est bien le portrait d’une disparition qui semble s’esquisser lorsqu’on tente de cerner ce personnage insaisissable — véritable miroir aux alouettes — qui reflète bien plus nos fantasmes que sa vérité.

Arielle Meyer MacLeod

Interprétation:
Valeria Bertolotto
Natacha Koutchoumov
Aline Papin
Viviane Pavillon
Julia Perazzini
Léa Pohlhammer
François Revaclier
Pierre-Isaïe Duc

Lumière/vidéo/scénographie: Laurent Junod
Son: Philippe de Rham
Dramaturgie: Arielle Meyer MacLeod
Costumes: Isa Boucharlat
Assistante costumes: Karine Dubois
Maquillage: Leticia Rochaix Ortis
Construction décor: Hervé Jabveneau et Serge Perret
Accessoiriste: Magali Baud
Adminstration et communication: Catherine Monney

 

Voir un extrait vidéo


extrait
du spectacle

MEDIAS

écouter Dare-Dare le 14 avril 2010
écouter
Valeria Bertolotto et Natacha Koutchoumov dans A première vue le 6 avril 2010
écouter Denis Maillefer dans Devine qui vient dîner le 6 avril 2010
voir un moment de répétition à Clermont Ferrand sur France 3 région

2010