Toi partout

d’après « L’amour du garçon et de la fille » et « Salutation paysanne » de Charles-Ferdinand Ramuz, création le 13 janvier 2010

Aline Papin et Simon Guélat - crédit photographique Mario del CurtoViviane Pavillon - crédit photographique Mario del Curtocrédit photographique Mario del CurtoAline Papin et Baptiste Gilliéron - crédit photographique Mario del CurtoSimon Guélat, Nathalie Kuttel, Viviane Pavillon, Baptiste Gilliéron et Aline Papin - crédit photographique Mario del CurtoBaptiste Gilliéron - crédit photographique Mario del CurtoBaptiste Gilliéron et Viviane Pavillon - crédit photographique Mario del CurtoVivane Pavillon et Alin Papin - crédit photographique Mario del Curtocrédit photographique Mario del Curto

C’est qu’on vient de se commencer, de se recommencer, c’est qu’on commence.
Revenir à Ramuz, plus de quinze ans après avoir tenté de porter à la scène quelques textes. Revenir à ces deux nouvelles: « L’amour du garçon et de la fille » et « Salutation paysanne » déjà travaillées. Retrouver intact le plaisir sensuel de cette langue.
J’ai eu envie, en le relisant, de partager ces mots que je trouve uniques, dans le rythme, dans le souffle, dans ce qu’ils disent. Des mots si « mal écrits », comme ont dit les détracteurs de Ramuz dans les années vingt, notamment dans la Gazette de Lausanne où sont publiées les nouvelles qui composent le recueil « Salutation paysanne ». L’auteur dit même dans la fameuse lettre à Grasset, dans laquelle il explique son rapport à la langue française, qu’on l’accuse non seulement d’écrire mal mais encore d’écrire mal « exprès », (d’ailleurs, en écrivant la citation ci-dessus, le correcteur de « Word » me signale des erreurs…)
Ecrire mal: aujourd’hui encore, chacun s’accorde à dire que Ramuz n’écrit pas si mal que cela, mais l’image d’un écrivain du « terroir » reste pourtant tenace.
Depuis toujours, ce n’est pas cela que j’entends en le lisant, en le faisant lire/dire. J’entends la virtuosité, l’audace et je vois la couleur du ciel.

Ce projet tentera de faire entendre (et voir, VOIR) le charnel de cette écriture. Quelques jeunes acteurs diront ces deux nouvelles dans des choeurs que j’espère inspirés et brûlants. Car ces mots-là portent comme jamais le souffle inouï de la découverte amoureuse. Et on ne le dit jamais assez de Ramuz; on ne dit cette manière vertigineuse, lyrique et violente de parler du coeur. Ces mots-là disent comment l’autre nous fait (re)découvrir le Paysage que nous avons sous les yeux. Nous nous plongerons dans cette langue, comme on plonge/on bascule avec l’aimé(e), et nous essaierons, au-delà des mots, de dire le vertige délicieux et douloureux du début de l’amour. En racontant, en écoutant les musiques de nos débuts à nous, en inventant la bande-son de ces moments-là, en essayant (naïvement, c’est peine perdue…) de montrer/jouer le fracas indicible des premiers instants.

Denis Maillefer, avril 2009

Interprétation: Baptiste Gilliéron, Simon Guélat, Nathalie Kuttel, Aline Papin, Viviane Pavillon
Mise en scène: Denis Maillefer
Assistante à la mise en scène: Emilie Bobillot
Lumière et scénographie: Laurent Junod
Son: Ludovic Guglielmazzi
Costumes: Karine Dubois
Chorégraphie: Cindy van Acker
Images: Noam Perakis et André Bernet (RC-Tech), Bastien Genoud/Le Flair
Diffusion vidéo: Laurent Junod

Théâtre Vidy-Lausanne: du 13 janvier au 5 février 2010
Theater Neumarkt, Zürich: du 20 au 22 mai 2010
Théâtre Alchimic, Genève: du 27 septembre au 3 octobre 2010

Tournée en milieu scolaire:

Echallens: le 4 novembre
St-Michel, Fribourg: le 21 janvier 2011
Neuchâtel: du 8 au 10 février 2011
Bellinzone: le 15 février 2011

TransHelvetia est le nom donné à cette aventure théâtrale qui a pour mission d’établir un échange culturel et linguistique entre Suisses alémaniques et Suisses romands tout en sensibilisant le jeune public au théâtre.
Pour la huitième production crée sous ce label, le théâtre Vidy-Lausanne, associé au Theater am Neumarkt à Zürich, prépare cette année un spectacle en langue française: Toi partout d’après Charles-Ferdinand Ramuz.
Le spectacle sera joué dans un premier temps à Lausanne, du 13 janvier au 15 février 2010, puis repris au Theater am Neumarkt (dates à définir) et dans diverses écoles et théâtres de Suisse.

Trois fondations soutiennent activement le projet: La Fondation Sophie et Karl Binding, la Fondation Ernst Göhner et la Fondation de famille Sandoz.

Le Temps, mardi 19 janvier 2010, Alexandre Demidoff
Morsures d’amour selon Ramuz